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vassilistanajicpetrovic

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INTRODUCTION


" La mise en forme traditionnelle est abolie. Une tendance se manifeste vers une culture plus globale, où la distinction entre les catégories de la science (sociale) et la catégorie artistique de la créativité perd son sens. Une nouvelle définition de ces relations triangulaires suscite nécessairement une nouvelle pensée esthétique... C'est un nouvel art qui est en train de naître, fondé sur les aspirations et les besoins créatifs de l'homme et qui, par conséquent,,englobe son environnement : c'est un art qui permet de dépasser le stade de l'art conceptuel comme celui de propagande... Malgré la diversité de ses origines et de ses modes d'apparition, l'art d'environnement présente une unité d'orientation. Il tend implicitement à une dimension plus large, qui serait celle d'un " espace sociologique " authentique, une aire privilégiée d'investigation " . (1)

De nos jours, il est plus admis de parler d'un art contextuel que d'un art de l'environnement. L'art contextuel comme le défini Paul Ardenne renvoie à une « création artistique en milieu urbain, en situation, d'intervention, de participation » (2). Ses principaux investigateurs ont été, entre autres, le groupe Fluxus, l'International Situationnisme et plus discrètement il me semble, le collectif art sociologique. Bien que cette approche de l'art ne date pas d'hier, elle conquiert aujourd'hui de plus en plus d'artistes qui pensent pouvoir mener une action esthétique au c½ur du quotidien. C'est dans cette logique que se situe depuis quatre ans mon travail de recherche. Mes premiers travaux se sont réalisés dans un souci participatif qui s'apparente à la logique « relationnelle » théorisée par Nicolas Bourriaud (3) ; mais j'ai vite ressenti les limites de ce genre d'actions dont la portée reste toute relative, tant le contact avec le spectateur/(prétendument)acteur demeure pauvre et la récupération institutionnelle grande.

C'est pourquoi avec un collectif d'amis nous avons décidé, lors d'un stage de quelques mois à Paris, d'expérimenter directement dans la rue avec un cahier des charges bien précis, de nos actions (happening, street art, vidéos....) : le tout dans une certaine logique communicationnelle (charte des couleurs précise, flyers, invitations). Cela impliqua d'expérimenter in situ, de s'informer sur l'histoire des différents quartiers, d'aller à la rencontre de ceux qui l'animent, tout cela dans un seul but : provoquer "l'accident" dans le quotidien des passants. J'entends par accident son sens originel du latin accidens, survenant. Car, dans ce sens, l"accident" a plusieurs conséquences: rompre le quotidien bien sûr, mais aussi se voir confronté à une chose inattendue (agréable ou non) et contribuer à son histoire propre par l'expérience qu'il inflige.

"Cet «accident» est de provoquer un renversement des valeurs. À mon avis, cela est positif: l'accident révèle quelque chose d'important, nous ne serions pas autrement sans savoir comment percevoir. " (4)

Ce type d'approche nécessite d'être généreux quant aux interventions proposées car les passants sont seuls spectateurs. Cette période, propice à la réflexion, m'a fait m'interroger sur l'action artistique dans l'espace public et plus particulièrement, sur les artistes du happening.

De retour à la Réunion, j'ai été confronté à un personnage bien connu des gens de l'Ouest de l'île : Jack le fou. Il est désigné comme tel par les Réunionnais, car tel semble être son état. Et c'est justement cela qui m'a intéressé. Car sous son apparente folie se cache en fait une richesse réflexive indéniable. Je vais tenter ici de la transmettre, dans l'ordre où me sont parvenues les réflexions qu'elle m'a inspiré:

- Le rôle du fou dans la sphère sociale et artistique (notamment par le biais de l'art brut).
- Une similarité entre ce qu'il représente et ce que peut représenter certains mass média (le comics mainstream américains entre autre) .
- L'inscription d'un tel personnage dans une réalité de l'espace mythologique réunionnais actuel à travers le « jako malbar ».

Je me suis alors demandé comment je pourrais rendre compte de toutes ces réflexions par l'intermédiaire d'un travail plastique, sans sombrer dans la manipulation de l'image de ce personnage «fragile».
Ce questionnement sur l'éthique a finalement soulevé une question plus générale : est-ce que toute production artistique doit s'exposer d'une manière ou d'une autre?

L'approche délicate de cette expérience (toujours en cours) m'a conduit à un autre type de travail, où je me sens beaucoup plus à l'aise quant à la diffusion. Celui-ci s'inscrit dans une logique développée en 1974 par le collectif art sociologique composé de Hervé Fischer, Fred Forest et Jean-Paul Thénode dont j'exposerai l'origine, les actions et l'héritage .


(1) Frank Popper, " Art action participation " Ed. Klincksieck, Paris.- 1980.

(2) Paul Ardenne, « Un art contextuel », Flammarion, Paris.-2002.

(3)Nicolas Bourriaud, « Esthétique relationnelle », Dijon, Les presses du réel.-1998

(4) Paul Virilio, L'accident de l'art

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#Posté le mercredi 04 juin 2008 08:26

Modifié le vendredi 06 juin 2008 08:24

I. LE "FOU" (1)

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1. Rôle social

« Le fou est une menace pour l'équilibre harmonieux et pacifique de la société.
Notre société demande à toute personne de jouer un rôle social défini. Notre société demande à tout citoyen de produire, de consommer. Dans ces conditions, le malade mental ne peut avoir un rôle social clairement défini. Sa seule identité sociale est très souvent son étiquette de malade. Le malade mental est en général un citoyen qui produit et consomme peu, il est un être déviant, il est un contestataire des valeurs établies. Sa contestation est très souvent agressive et met ainsi en danger la douce tranquillité des gens de Vérité. Le fou a souvent été considéré comme un être faible de la société, un être écrasé, exploité par la race forte des gens"normaux". Cette vision du malade mental m'apparaît fausse. C'est à mon avis une vision de gens qui ont peur, qui ont peur de la force des fous
. » (1)

L'utilisation du terme « fou » correspond à une vision relativement « extrême » des personnes qui souffrent de troubles mentaux. Le « fou » est perçu comme une personne irrémédiablement anormale et pour laquelle tout espoir de normalité et d'adaptation à la vie sociale est vain. La folie est alors assimilée à une sorte de démence violente qui inspire la crainte et qui déresponsabilise le « fou de ses actes par le fait qu'il ne semble pas conscient de son état. Ainsi une majorité de gens pense que le fou « ne souffre pas » de son état, ni, bien entendu, de son exclusion sociale, ce qui justifie d'autant sa mise à part de la société. (2)

Or cette position dans la société est, me semble-t-il, très importante pour l'équilibre social, car dans une certaine mesure, le fou réussit à provoquer deux émotions contradictoires chez les gens dit « normaux » qui le craignent tout en étant rassuré de leur propre condition. Dès lors ils se sentent plus «importants» que ce personnage décalé, non productif et, par conséquent, inutile.

« Chaque famille classique se doit d'avoir un raté : une famille sans raté n'est pas vraiment une famille, car il lui manque un principe qui la conteste et lui donne sa légitimité. » . (3)

Ce que Merot évoque comme « raté », je l'apparenterais plus à un terme employé en informatique et conceptualisé, d'abord par des informaticiens versés dans l'art dans les années quatre-vingt-dix, puis par l'artiste Jean-Baptiste Farkas en 2000: Le « glitch » .
Le terme glitch désigne une défaillance électronique ou électrique qui correspond à une fluctuation dans les circuits électroniques ou à une coupure de courant (une interruption dans l'alimentation électrique). Ce qui entraîne un dysfonctionnement du matériel informatique (hardware), qui occasionne à son tour des répercussions sur les logiciels (software) .
Pour JB Farkas, le « "Glitch " revisite le sensible sous l'influence du signe moins et célèbre, à contre-courant, les altérations, les dommages et la perte de valeur. » (4)
A l'échelle du corps social un personnage comme Jack le fou ne représenterait-t-il pas une sorte de « Glitch humain » dont l'utilité résiderait précisément dans le fait qu'il semble inutile?
La position de « l'idiot du village » se situe communément dans les dernières strates sociales et est ainsi dénuée de toute contrainte matérielle, il a la possibilité de créer «l'accident» dans le quotidien de ses contemporains sans que lui n'ait, apparemment, rien à perdre.
Cependant je suis d'accord avec le sociologue Michel Laferrière pour ne pas étiqueter pas le fou de révolutionnaire tel qu'on pu le faire les défenseurs de l'antipsychiatrie au début des années 70. (5)

«Pour certains, le « fou », contestant la normalité dominante, est révolutionnaire et doit être armé pour combattre la société capitaliste dominante, «armé» parfois non seulement du soutien de ceux qui l'entourent, mais encore, pour certains allemands, armé de fusils. Le fou rejoint alors les autres contestataires radicaux, les femmes, les noirs, les groupes ethniques opprimés, les homosexuels, tous les groupes en situation minoritaire qui veulent un changement social caractérisé par la fin de la normalité dominante. Le fou, parce que menace de l'ordre public, devient ipso facto révolutionnaire. »
Mais selon mes propres réflexions, le fou sort de toute logique politique pour n'avoir qu'un rôle social fort dans la perturbation des réalités. Et, dans cette perspective, si l'on considère que «l'accident» est un point essentiel dans le développement d'une société, ou d'un individu, on peut comprendre dès lors l'extrême importance de ces personnages.
Et le rôle premier de l'artiste n'est il pas d'engendrer cet accident dans la réalité du spectateur afin de déplacer sa perception tant d'un point de vu émotionnel qu'intellectuel ?


(1)Nicole Lanouette (psychothérapeute).- L'intégration du malade mental dans la société.

(2) La perception des problèmes de santé mentale: les résultats d'une enquête sur neuf sites.- http://www.sante.gouv.fr-drees/etude-resultat/er-pdf/er116.pdf

(3) Pierre Merot., « mammifères », Flammarion.-2000

(4) Jean- Farkas, « http://www.biennaledeparis.org/pdf/index/glitch.pdf. » Le Glitch Concept.- 2002.

(5) Michel La ferrière « Les pièges de l'antipsychiatrie » Philosophiques, vol. 4, n° 2, octobre 1977, p. 267-
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#Posté le mercredi 04 juin 2008 08:22

Modifié le vendredi 06 juin 2008 08:30

I. LE "FOU" (2)

2. L'art brut

Apparemment si Jack le Fou n'a pas conscience de sa création, il demeure sous le registre de la folie. Si au contraire, il se pose la question de son action sur le quotidien et l'encre dans une recherche, il devient un artiste : un artiste dénué de contraintes de lieux, d'institutions, de marché, d'objets et, sans doute la plus intéressante, des appellations «Art».
Or, le développement de l'approche artistique hors des cadres culturels conventionnels du domaine des « Beaux Arts », a commencé avec les recherches des psychiatres au début du 20ème siècle .(1)

Les travaux du Dr Morganthaler sur son patient Adolf Wolfli mis en avant le génie de cet homme qui a produit des milliers d'½uvres dans la petite cellule de son asile suisse. Le Dr Hans Prinzhorn, quant à lui, a recueilli des milliers d'oeuvres de patients psychiatriques et son livre "Bildnerei der Geisteskranken" (Expression de la folie), publié en 1922 est devenu une référence pour les artistes de l'époque, notamment pour les surréalistes.

« Ce qui est intéressant, c'est de constater que, outre l'intérêt des psys, là où l'écho a été le plus fort, c'est chez les artistes et notamment des mouvements de rénovation radicale de la conception de l'art au XXe.
Dans tous les mouvements, que ce soit l'expressionnisme, le surréalisme, le Blaue Reiter à Munich, on a pris au sérieux la folie comme si la folie en chacun devenait la vraie source de créativité. 
D'où l'éclatement des formes académiques et les scandales dans différentes expositions en Europe, où l'on refusait certains tableaux de Klee, Kandinsky, Picasso, Braque ou les Fauvistes, les responsables d'exposition se demandant si c'étaient des vrais fous ou des cyniques qui s'amusaient à faire scandale. " (2)

Jean Dubuffet et d'autres personnes comme André Breton ont fondé la Compagnie de l'art brut en 1948 et s'attachèrent à rechercher et à recueillir des oeuvres de personnalité dite « dérangées ».
Dubuffet définit le concept de l'Art Brut comme des travaux qui étaient à leur état « brut » dans le sens où ils n'ont pas été contaminé par un modèle culturel et artistique dominant. Il a mis en place une vaste collection de milliers d'½uvres hébergées à Lausanne qui n'ont aucun rapport avec l'évolution de l'art contemporain.
Aujourd'hui, la prise de conscience accrue de toutes ces formes d'expression a conduit à un réseau de petites organisations en Europe et aux Etats-Unis (Outside art) consacré à la préservation de ces ½uvres et le soutien de leurs créateurs.


(1) Johns Maizels, « L'Art brut : «L'Art outsider et au-delà » », Phaidon Press Ltd, France - 2003.

(2) Jean Florence, « Art et Thérapie, liaison dangereuse ? » Faculté Universitaire Saint-Louis, Bruxelles.-1997

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#Posté le mercredi 04 juin 2008 08:11

Modifié le mercredi 04 juin 2008 08:28

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#Posté le mercredi 04 juin 2008 08:08

II. LES COMICS (1)

1. Origine et rôle social

Avant de développer le rapprochement que je peux faire entre Jack le Fou et les super héros, il me semble important de revenir aux origines des super héros.

Les auteurs de comics ont contribué à créer une mythologie propre à un pays qui s'est assis sur les croyances de ses anciens habitants : les USA. On désigne communément Superman, apparu en juin 1938, comme le premier super héros. Il a tout un éventail de superpouvoirs: force physique colossale, capacité de voler, rapidité extraordinaire. Il mène une vie de journaliste sous l'identité de Clark Kent, et le grand public ignore que Clark Kent est Superman.
Ce personnage emblématique est né de l'imagination de deux jeunes juifs, fils d'immigrants des quartiers pauvres américains: Jerry Siegel et Joe Shuster (1). C'est le début de l'âge d'or des comics ( 1938-1950). Pour se faire, les auteurs de comics ont puisé dans toutes les mythologies déjà existantes (scandinave, grecque, celte ...). Ils n'ont pas hésité à les mélanger et à les réactualiser dans le contexte de l'époque.

«Il me semblait qu'évasion et émigration étant deux notions qui marchaient parfaitement ensemble, comme un tour de magie, justement mon super héros allait donner du pouvoir à ceux qui n'en ont pas» (2)

À l'heure où l'Allemagne nazie atteint son apogée en Europe, des auteurs (juifs pour la plupart) ressentent le besoin de créer des personnages à la fois protecteur de leur peuple mais revendiquant le patriotisme de leur pays d'accueil en donnant naissance à Captain America. À l'époque le super vilain le plus connu n'était autre qu'Adolf Hitler. Les super Héros ont donc participé activement à «l'effort de guerre» et à la diffusion de façon caricaturale, de l'idéologie nazie, donnant ainsi un rôle dans le combat contre le fascisme à de jeunes immigrants, juifs qui plus est.
Le personnage du super héro dans la culture juive ne date pas d'hier (3). En effet, un personnage du nom de Golem (4) aurait sauvé les juifs tchèques de la persécution au VIème siècle. Constitué de glaise dit-on, il reçu la vie grâce au sceau qu'un rabbin lui aurait inscrit sur le front. Pour l'histoire, ce personnage serait alors devenu incontrôlable et la seule manière de le rendre à son état initial fut d'effacer le sceau sur sa tête. Or le Golem étant de très grande taille, le Rabin du feindre de nouer ses lacets afin que le personnage de glaise se baisse rendant le sceau accessible.
On peut retrouver des dérivés du Golem dans des personnages comme Frankenstein et de manière plus large dans l'ensemble des super héros du Golden Age. Les éditeurs américains créèrent à la suite de Superman nombre d'autres Comics de super héros. Ce type de personnage s'implanta ainsi durablement dans le paysage éditorial américain et il perdure jusqu'à nos jours.

Pourtant L'ouvrage de Fredric Wertham, Seduction of the Innocent (5), a failli faire disparaître ce genre en stigmatisant violemment les super héros, les accusant de pousser leurs plus jeunes lecteurs vers la drogue, la délinquance ou l'homosexualité. Relayé par Jean-Paul Sartre en France , qui n'hésitait pas à publier dans sa revue « Les temps modernes » tout article pouvant discréditer les bandes dessinées — même des articles qui concluaient que, vu que Superman avait le nez droit, celui-ci était Aryen, donc antisémite! (Sans mentionner toutefois que les créateurs de Superman étaient eux-mêmes Juifs...) . (6)

De nombreux personnages publics sont également intervenus dans certains comics parmi les plus connus, Stan Lee bien sûr, mais également Nixon, Hô Chi Min...
Les super héros sont donc nés en rapport à des événements d'actualité historique (Captain America/Seconde guerre mondial; Ironman/Guerre du Vietnam...). La plupart sont des enfants de l'atome, dans la course à l'armement pendant la guerre froide .
L'exemple le plus récent est représenté par le 11 septembre avec le Amazing spiderman du mois de novembre (7) qui suivit le drame : couverture noire, numéro spécialement dédié à l'événement . On retrouve tous les super héros totalement abattus et désoeuvrés face au spectacle chaotique de Manahatan. Super héros et super vilains se sont alors unis dans l'aide aux victimes, le déblaiement des gravats etc... Et ce, au même titre que les pompiers, policiers, et habitants de New York. Tous ces protagonistes sont devenus héros d'égal à égal. Cette fois-ci les super héros n'ont pas pu sauver le peuple, ni même anticiper la menace. La réalité a gagné ce jour-là.

«La plupart des histoires de super héros évoluent hors du temps, puisqu'ils ne vieillissent pas et ont une vie toujours identique. Elles se situent également hors du monde car malgré des superpouvoirs parfois considérables, ils ne modifient pas l'équilibre du monde qui les héberge. Les super héros sont des personnages symboliques à la limite de la caricature généralement impliqués dans des histoires manichéennes. » (8)

Par ce truisme, Umberto Eco prouve son ignorance de l'histoire des super héros. En effet, l'esprit manichéen demeure une base de la culture du comics. Cependant, son mode de diffusion populaire (ainsi que son monopole sur le marché américain) a permis à de nombreux auteurs d'introduire des notions beaucoup plus complexes qu'il n'y paraît, proposant aux lecteurs, souvent très jeunes, des réflexions tour à tour philosophiques, sociales ou encore métaphysiques.

Sans retracer soixante-dix ans d'histoire du comics américain, l'intérêt des auteurs et des lecteurs n'a cessé de croître vers la psychologie souvent torturée du Super héro. C'est donc la dimension humaine qui a fini par prendre le pas sur les pouvoirs et les costumes. Le héro se caractérise dorénavant par son histoire personnelle, sa personnalité, sa conception du monde et ses traumatismes. Puis il développe ensuite des pouvoirs qui, et là se situe tout le paradoxe, à la fois le marginalise et accentue sa responsabilité vis-à-vis des autres (ceux qui subissent et qui «le» subissent).


(1) Philippes Guedj, « Comics : Dans la peau des super héros »,Timée-Editions, Paris.-2007

(2) Michaël Chabon. « Les Extraordinaires aventures de Kavalier & Clay » Éditions Robert Lafont, 2002

(3) Exposition, « De Superman au Chat du Rabbin » Du 17 octobre 2007
au 27 janvier 2008, Musée d'art et d'histoire du judaïsme, à Paris.

(4) http://www.hillel.org/jewish/holidays/ chanukah/hebrew_hammer/golem.htm

(5) Fredric Wertham Seduction of the Innocent Rinehart, 1954

(6) http://g.courtial.free.fr./

(7) John Romita Junior, J. Michael Straczynki « Amazing Spiderman #36 », marvel, novembre 2001.

(8) Umberto Eco, « De Superman au surhomme », Paris, éd. Grasset.-1993

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#Posté le mercredi 04 juin 2008 08:07

Modifié le mercredi 04 juin 2008 08:29

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